Roland Garros

Guillaume Ruffin - 25.05.09

Guillaume Ruffin d. Eduardo Schwank - 25.05.09

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Q. Félicitations. Premier Roland Garros, première victoire sur le circuit. C'était un moment difficile à gérer ? Comment te sens-tu ?

R. Je me sens très heureux. Ce n'était pas facile à gérer, on en a beaucoup parlé avec mon entraîneur avant, pour bien préparer, essayer de rentrer dans les meilleures conditions possible.

Je suis très satisfait. On a préparé ce match d'une bonne manière, ce qui m'a permis de pouvoir m'exprimer aujourd'hui.

 

Q. Tu es préparé à ce qui va se passer ? Tu vas faire la Une des journaux, c'est quelque chose qui t'intéresse ou cela ne t'intéresse pas ? Le plus important c'est le court ?

R. Le plus important, c'est le terrain. C'est évident. Le jeu, c'est la priorité. Je ne sais pas si je vais lire les journaux demain, en tout cas je serais très content !

 

Q. De l'extérieur, tu as paru très calme, très serin. A l'intérieur, c'était comment ? Cela bouillonnait ou tu étais dans ton élément et il n'y avait pas de problème ?

R. Intérieurement, ça n'est pas facile. J'avais peur. Il faut surtout ne pas le montrer. C'est ce que j'ai réussi à faire, je pense. Je me suis battu sur chaque point, ce qui aide aussi. Mais intérieurement, ça n'est pas facile, c'est sûr.

 

Q. Comment as-tu géré, à partir du moment où tu avais la wild card ? Qu'est-ce que cela t'a fait? Comment as-tu préparé cela ? C'est quelque chose d'assez unique, en début de carrière ?

R. J'ai une wild card et je remercie les gens qui m'ont permis de jouer ici aujourd'hui : Patrice Dominguez, le Président de la fédération, l'organisation. Sans eux, cela aurait été compliqué. On en a parlé avec l'entraîneur avant le match, cela se prépare. On en a discuté, on a essayé de passer en revue tout ce qui pouvait se passer. Dès le début, je savais que je serais tendu, on ne peut pas arriver pour une première comme cela, sans être nerveux. A priori, ce n'est pas possible, je crois. On en a beaucoup discuté avant. On a essayé de remettre tout en vue et cela m'a beaucoup aidé.

 

Q. Lui, tout à l'heure, disait que tu étais trop bon élève parfois, qu'il avait fallu te bousculer un peu. Aujourd'hui, as-tu été un cancre parfait ?

R. Un cancre, non ! J'ai essayé de bien me comporter. Parfois, je suis un peu gentil, c'est mon éducation qui veut cela. J'ai essayé de m'exprimer, de m'encourager. Un cancre, non, je ne pense pas ! J'ai essayé de m'exprimer plus que ce que je ne le fais d'habitude.

 

Q. On ne te connaît pas beaucoup. Peux-tu nous résumer quand tu es arrivé ici, à Roland Garros, au CNE, un peu tardivement… Quelles sont les raisons de cette arrivée un peu tardive ?

R. J'ai fait ma troisième année ici, c'est ma troisième rentrée. Pourquoi je suis arrivé tard ? Car je ne me sentais pas prêt, tout bêtement ! On m'avait proposé d'aller en pôle, mais j'étais bien chez moi. Dans la tête aussi, il faut être prêt, il ne faut pas y aller pour y aller. J'ai préféré rester chez moi un maximum de temps. La rentrée, je l'ai faite au bon moment quand j'étais prêt.

 

Q. A quoi as-tu pensé à la fin du match ? A la famille ? A tes professeurs quand tu as débuté à Macon ? Tu as pensé à eux ?

R. Oui, c'est un chemin qui débute depuis tout petit. C'est un travail à long terme. Les premières balles tapées ont fait que je suis peut-être arrivé ici. J'ai une pensée pour mes parents, bien sûr, je pense qu'ils sont contents de moi, mes entraîneurs aussi, tout le travail que l'on a fait avec Manu, Jean-Marc. Cela m'a permis d'arriver là.

 

Q. Tu commences à avoir une année avec de très bons résultats. Il y a eu un déclic ? Tu commences à gagner des futurs, c'est une étape normale de ton évolution ou y a-t-il quelque chose de particulier ?

R. J'avais pas mal joué en juniors l'an dernier. Il y a eu un petit déclic quand j'ai gagné mon premier Futur en Egypte. Forcément, cela pousse un peu, on prend confiance. J'ai fait un assez bon début de saison en gagnant à Angers, cela m'a donné confiance. C'est important de pouvoir gagner des matches. Enchaîner m'a donné confiance, oui.

 

Q. Tu dis que tu avais tout prévu avec ton entraîneur, mais pour ta première, des choses t'ont-elles surpris ?

R. On est toujours surpris, il y avait du monde, je n'ai pas l'habitude de jouer avec autant de monde qui me soutient. On a passé pas mal de choses en revue et aujourd'hui, je savais à quoi m'attendre.

Après, on ne peut pas tout prévoir, il peut y avoir des imprévus, c'est le jeu. Mais on a essayé de faire du mieux que l'on pouvait.

 

Q. Le plus jouissif dans tous cela, c'est de battre pour la première fois un joueur du top 100 ou de passer un tour à Roland Garros ?

R. Les deux ! Je suis très content, c'est ma meilleure performance jusqu'ici. Je suis très content d'avoir passé un tour et vais essayer de continuer.

 

Q. La suite, on y pense déjà ?

R. Je ne sais même pas contre qui je dois jouer ! Je ne les connais pas.

 

Q. Melzer ?

R. Je ne les connais pas. Je vais en parler avec mon entraîneur. On va préparer cela demain. Voilà !

 

Q. Un deuxième tour à Roland Garros, c'est aussi beaucoup d'argent. Y penses-tu également ?

R. Non. Je pense au jeu. A mon âge, je ne pense pas encore trop à cela, je pense au tennis, j'essaie de me faire plaisir, de profiter des bons moments que je passe ici. L'argent, je n'y pense pas tout de suite en tout cas.

 

Q. Et aux filles ?

R. Forcément, à mon âge on y pense plus qu'à l'argent ! (Rires)

 

Q. Maintenant, ta carrière commence à démarrer, tu te vois aller très haut, bien sûr… C'est quoi ton plan de carrière ?

R. Mon plan de carrière ? Je n'ai pas vraiment de plan de carrière.

 

Q. Tu t'imagines en champion bien sûr...

R. C'est mon objectif, on travaille pour cela, pour atteindre le plus haut niveau. Après, il peut se passer plein de choses, ça peut aller vite ou pas. Il faut continuer à travailler.

 

Q. Tu as une idole ? Un champion que tu voudrais imiter en parlant de plan de carrière ? Y a-t-il un poster au-dessus de ton lit ?

R. Il y a des joueurs que j'apprécie beaucoup, j'adore Marat SAFIN. Je n'ai pas de poster de lui dans ma chambre, mais c'est un joueur que j'adore. J'ai eu la chance de jouer avec lui hier, c'était un grand moment.

 

Q. Et enfant, tu es venu déjà à Roland Garros en spectateur ? R. Non, jamais. Je regardais à la télé, chez moi. De loin, en mangeant, comme tout le monde !

 

Q. Tu t'es imaginé à quel moment à la place de SAFIN et autres ?

R. Assez tard. Je suis venu tard à Roland Garros. Au début, c'était pour voir… Non pas pour voir, car j'ai toujours adoré le tennis, le jeu, quand je jouais dans mon club, j'adorais le jeu. Mais je ne me suis jamais imaginé devenir un grand champion. Cela commence peut-être à venir.

 

Q. Il n'y avait pas d'appréhension quand tu es entré sur le court numéro 2 ? Quelle a été ta première pensée ?

R. Quand le public applaudit et crie mon nom, ça fait bizarre, je n'entends pas cela tous les jours ! C'est émouvant, il faut essayer de ne pas trop y penser, de se mettre dans une bulle. Mais c'est très émouvant.

 

Q. Depuis deux heures, on ne cesse pas de dire que tu es zen, mais j'ai de bonnes informations, et on m'a dit que tu as du caractère. C'est vrai ?

R. Oui, il en faut, car si on est zen, c'est bien, mais il faut du caractère. Cela me manquait d'ailleurs un peu au début, j'étais trop zen, trop gentil, je n'avais pas trop de caractère, et quand c'était dur, parfois, je lâchais un peu. J'évolue par rapport à cela, j'essaie de m'exprimer un peu plus. Il faut un peu de caractère, oui!

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